UN POINT C'EST TOUT ?... UN POINT DE VUE

Publié le par Théâtre du Petit Matin

UN POINT C'EST TOUT ?...  UN POINT DE VUE

UN POINT C'EST TOUT ?...
VU PAR FRED ROBERT
DU JOURNAL ZIBELINE


UNE FEMME DEBOUT

Au départ, un texte : Un point c’est tout ? Nicole Yanni y relate, en une suite de courts chapitres (les lieux, la parole, le regard…) et avec le décalage qu’autorise le « tu », son itinéraire. De son enfance de fille unique- née au début des années cinquante dans une famille mi juive d’origine turque (côté père) mi catholique d’origine italienne (côté mère)- à son actuelle existence de femme libre mais seule. Elle y évoque, entre sourire et émotion, ses découvertes : le plaisir de jouer, d’être regardée, de séduire les garçons, le théâtre, le goût (et la nécessité) des mots « parce que ça console ». Elle y parle de ses lectures, de ses auteurs, de ses acteurs favoris, de voyages, d’amour aussi, et de la naissance de son théâtre, le Théâtre du Petit Matin, qui vient de fêter ses trente ans. L’entrepôt de vêtements (légué par un amant) devenu lieu de création et de diffusion, n’est-ce pas un clin d’œil à ses parents forains et marchands de tissus ? Ce texte, Nicole Yanni en a offert la lecture au TPM en ouverture à la soirée festive d’anniversaire mi janvier. Là, sur un plateau réduit, dans la lumière douce des lampes (toutes différentes) qui décoraient le fond de scène, debout à une table, seule dans le halo d’une poursuite unique, Nicole Yanni, robe turquoise et collants orange, lisait ces fragments autobiographiques dans l’intimité de son lieu, comme pour elle-même, s’arrêtant seulement parfois, le temps d’une question qu’elle laissait planer jusqu’au public.
Sur le plateau des Bernardines, quinze jours plus tard, c’est autre chose. Si Yanni a gardé robe turquoise, collants orange… et l’essentiel de son texte, Un point c’est tout ? est devenu un spectacle. A ses mots se mêlent ceux d’autres dramaturges, classiques ou contemporains ; ceux également de ses comédiens qui, professionnels ou amateurs, prennent la parole le temps d’une improvisation. C’est parfois un peu artificiel. Certaines envolées lyriques du texte originel passent moins bien la rampe sous cette forme hybride. Reste tout de même une belle énergie, beaucoup de complicité entre la lectrice et les acteurs, et des moments franchement drôles. Mention particulière chez les amateurs au jeune et très convaincant Pierre Ripoll et au beau tempérament de Béatrice Loriod. Quant aux trois professionnels, ils sont là et bien là, facétieux, fidèles au poste ; on découvre d’ailleurs à cette occasion le talent comique de Rachel Ceysson, qui offre un parfait contrepoint à l’explosive Maud Buinoud. Ce que révèle clairement ce spectacle, c’est l’union d’une troupe autour de celle qui, depuis trente ans, forme des gens de tous âges et de tous horizons au jeu théâtral, au plaisir des mots et au partage. Avec sincérité et engagement.

FRED ROBERT
Février 2015
Un point c’est tout

 

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