Article Presse ZIBELINE - Spectacle DREAMS

Publié le par Théâtre du Petit Matin

Article Presse ZIBELINE - Spectacle DREAMS

Au Théâtre du Petit Matin, Alain Béhar et Charles-Eric Petit ont présenté Dreams après une résidence de travail avec un groupe de SDF

À quoi rêvent les Sans Douche Fixe ?

Plus de vingt ans déjà que Nicole Yanni multiplie les propositions littéraires, théâtrales et artistiques innovantes. Une des dernières en date, qui porte le joli nom de Larguez les âmes art, offre ainsi un nouveau lieu d’hébergement et de résidence pour «artistes et voyageurs curieux de la vie artistique de Marseille». Plus de vingt ans aussi que sonThéâtre du Petit Matin, lieu d’écoute de textes contemporains, ne se lasse pas d’accueillir ateliers, travaux en cours et rencontres inédites.
Alors, pour bien commencer 2016 et rester fidèle à l’esprit du lieu, elle a offert trois jours d’une drôle de résidence à deux metteurs en scène de la région Alain Béhar et Charles-Eric Petit. Pendant trois petits jours, les deux compères, qui n’avaient jusque-là jamais collaboré, ont travaillé avec un groupe de SDF (quatre hommes et une femme) : ils ont parlé, se sont raconté des histoires et des rêves, ont écrit. C’est ce travail qu’ils ont montré le 8 janvier. Sans cacher leur malaise d’être ainsi mis à nu devant un public, même bienveillant (pour certains), sans chercher à dissimuler leur plaisir de jouer et d’entendre sonner leurs mots (pour les autres). Dreams, tel était le titre de cette modeste mais touchante restitution, qui s’inscrit dans un travail de plus longue haleine engagé par Charles-Eric Petit et sa compagnie L’individu sur le thème, on l’aura deviné, du rêve.
Retour de résidence en trois temps. D’abord de brefs récits de rêves, des histoires courtes, qui parlent de voyages, de départs, d’univers de science-fiction pas si éloignés du nôtre, de la vie précaire aussi -celle d’Axel le marin, celle d’Ariston, capitale du «renouveau mondial moderne» et du «cortex libre», où seuls les SDF (Sans Douche Fixe) ont le pouvoir de brouiller les drones olfactifs «surtout en fin de semaine»…-, fragments scandés par les sursauts des comédiens-rêveurs. Ensuite, une sorte de cadavre exquis composé de phrases extraites de ces mêmes textes et lues de façon aléatoire, ce qui a provoqué quelques collisions textuelles franchement comiques. Enfin, la lecture par les deux metteurs en scène des deux textes qu’ils ont rédigés à partir de la matière recueillie durant les trois jours. Deux monologues lus à deux voix, où certaines phrases, certains noms se font écho, où se recroisent certains personnages, comme reviennent les images oniriques, les rêves récurrents.
Un travail collectif d’une belle humanité, dont on espère qu’il aura une suite.

FRED ROBERT
Janvier 2016

Dreams a été présenté le 8 janvier au Théâtre du Petit Matin, à Marseille

photo : © Nicole Yanni

Source : http://www.journalzibeline.fr/critique/a-quoi-revent-les-sans-douche-fixe/

Voir les commentaires