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Lettre d'AUTEURS

Publié le par théatre du petit matin

 

 

 

• Auteurs : leurs lettres

 

Paris, le 14 octobre 2009

Nicole Yanni a plusieurs fois adapté mes textes pour la scène, et chaque fois son travail, son engagement, sa passion, ont été pour l'auteur que je suis une expérience formidable. Les textes qu'elle a travaillés, L'Excès-l'usine, Le silence du diable, n'avaient pas été écrits pour la scène. Elle a réussi, aux Belle de Mai, aux Docks, et en off pendant le festival d'Avignon, a faire entendre des mots écrits pour être lus, à les faire résonner dans l'espace, à leur donner une efficacité nouvelle. Son travail avec des comédiens, mais aussi parfois avec des amateurs, avec des groupes d'insertion, me paraît fondamental, comme son souci de pédagogie, en particulier à travers les ateliers d'écriture auxquels elle m'a invitée.

Je souhaite qu’elle puisse continuer avec des moyens appropriés à un tel travail.

Leslie Kaplan

 

 

 

Artignosc-sur-Verdon, jeudi 15 octobre 2009

Il m’a été donné de lire au Théâtre du Petit Matin un jeudi 15 mai 2005, il y a déjà quatre ans. La date est restée vive en moi parce qu’alors je participais à ma deuxième lecture collective avec deux autres poètes marseillais, Jihane El Meddeb et Arno Calleja, et que ce temps de lecture, pour lequel Nicole Yanni nous avait ouvert simplement ses portes, représentait pour moi un réel moment de confrontation avec ce que j’étais en train d’écrire de manière très confidentielle, et un groupe d’auditeurs.

Ce genre d’initiative, très précieuse, est possible si par ailleurs la structure bénéficie d’assises financières suffisantes pour « son ordre de marche ». S’il ne s’agit plus que de survivre, alors la spontanéité et la prise de risque sont extrêmement fragilisées. A moins d’une marginalisation toujours plus grande – ce qui ne laisse pas de nous interroger sur ce qu’on appelle poliment « Le projet collectif ». La Culture est presqu’un autre problème (du moins en est-il devenu un).

Je dirais que tous les trois avions été « hébergés » un soir par le Théâtre du Petit Matin, dans une période où tous les trois, peu publiés, étions dans le désir de faire entendre ce que nous écrivions. Pas plus qu’une mise en mouvement, mais pas moins non plus. Ceci n’engage que moi cependant.

Enfin, au Théâtre du Petit Matin je suis aussi spectatrice.

J’y entends des choses rares, et qui me font vivre.

Qu’à tout devoir ravaler ceci puisse encore être dit – sans parler d’écho.

Dorothée Volut, poète

 

 

Chère Nicole Yanni,

Je tenais encore à vous remercier pour votre accueil et votre action en faveur des écritures d'aujourd'hui. Votre travail est bien précieux et je lui souhaite longue vie. A bientôt.

Jacques Rebotier

 

 

 

Paris, le mardi 19 octobre 2009

 

De tous les metteurs en scène, de toutes les personnes que j’ai pu croiser dans cette profession à ce jour, Nicole Yanni est, de loin, celle qui connaît le mieux les écritures contemporaines. Elle les connaît, elle les lit, mais surtout depuis des années les découvre.

Il y a cinq ans, je venais tout juste de publier ma première pièce, j’étais très peu joué, je n’étais jamais allé à Marseille, Nicole Yanni m’appelait pour me parler de mon texte. Je connaissais déjà son travail sur l’Excès l’usine de Leslie Kaplan et c’est ainsi que j’ai eu connaissance de ses lectures publiques au Théâtre du Petit Matin. Elle m’invitait quelque mois plus tard, pour la lecture d’un montage de mes textes, livrant ainsi au public de véritables clefs sur mon travail, une première pour moi.

J’ai depuis écrit un certain nombre de spectacles, tourné dans beaucoup de lieux en France, à l’étranger. Je peux dire que les endroits consacrés aux auteurs vivants tel que le Théâtre du Petit Matin sont extrêmement rares, je les compte sur les doigts d’une seule main, quant à la manière de transmettre ces écritures, la passion, le plaisir, le savoir faire, simplement : je n’en connais aucun autre. Je ne connais aucun lieu en France où, comme Nicole Yanni et ses comédiens, l’on offre un éclairage aussi poussé sur l’œuvre d’un auteur vivant, avec un tel plaisir, une proximité telle qu’elle attire tous les publics, j’ai pu le constater. Ce travail de transmission des auteurs vivants au théâtre (et pas seulement) est extrêmement difficile, mais chercher à atteindre le public le plus large en ne faisant aucune concession sur ses choix et sur ses exigences, cela l’est encore plus. J’ai vu que Nicole Yanni et ses comédiens arrivaient à faire cela depuis des années au TPM. Je suis sans doute un des auteurs les plus modestes à être passé dans ce lieu, entre Jacques Roubaud, Noëlle Renaude, Philippe Minyana, Fabrice Melquiot… (et parmi eux on peut citer aussi bien un grand nombre de tout jeunes auteurs). Leur recette est simple, j’ai vu Nicole Yanni et ses comédiens à l’oeuvre : une passion, un travail. J’ai vu Nicole Yanni lire l’intégralité d’un auteur pour en livrer l’essentiel à son public.

Bien sûr, il existe d’autres rendez-vous, d’autres lieux consacrés aux écritures, souvent de grosses institutions qui drainent un public assez homogène et spécialiste, qui se cantonnent à certains styles d’écritures.

Nicole Yanni puise au contraire dans la grande diversité de l’écriture vivante, pour la plus grande diversité du public ; des écritures néanmoins toutes faites pour la scène, anticipant aussi par ce geste ce que l’on nomme aujourd’hui « nouvelles écritures scéniques ». Citons pour exemple la venue de Christophe Tarkos au Théâtre du Petit Matin, bien avant le succès posthume qu’on lui connaît aujourd’hui, Tarkos le poète dont nulle aujourd’hui ne contesterait la pertinence de lire et mettre en scène les textes sur un plateau de théâtre…

Mais outre la passion, la curiosité, la ténacité, ce que je connais de plus précieux chez Nicole Yanni est sa grande simplicité, sa disponibilité tant envers le public que les artistes, qualité bien rare quand il est question de création contemporaine, et sans laquelle décidément les ponts sont impossibles à construire.

Cela pour vous dire qu’il existe donc bien un lieu unique à mes yeux, en termes d’exigence, de convivialité et de proximité pour la transmission des écritures contemporaines : c’est le Théâtre du Petit Matin à Marseille. Ne pas le soutenir, ne pas le préserver, le menacer me semble une erreur grave et une parfaite absurdité.

Ronan Chéneau

 

 

Paris Le 20 octobre 2009

Madame, Monsieur,

Je suis passé par le Théâtre du Petit Matin, à Marseille, un soir de janvier, dans le cadre des soirées Processus de création.

J’y ai rencontré une équipe investie, très curieuse des écritures contemporaines et proche des spectateurs présents. L’élan qu’impulse Nicole Yanni dans sa structure mérite qu’on soit attentif à sa démarche et qu’on la soutienne ; je crois nécessaire - poétiquement, politiquement - que des « maisons-théâtres » comme le Petit Matin poursuivent au sein d’un quartier un travail de programmation détonant, un accompagnement attentionné du public, et que soient sauvegardés ce goût du partage des expériences, cet appétit de dialogue entre artistes et spectateurs, afin d’explorer ensemble ce que signifie le mariage de ces deux mots : spectacle / vivant.

J’ai eu grand plaisir à converser avec les artistes engagés dans l’exploration de mes textes et avec les spectateurs disposés à les entendre. Ce n’est pas donné, d’installer des cadres pour l’échange et la rencontre. Ce n’est pas donné, de chercher à faire d’un théâtre une maison ouverte, humaine, résolument tournée vers aujourd’hui, pour mieux penser demain. Il y a là un foyer ; de belles flammes qu’il ne faut pas éteindre.

Cordialement,

Fabrice Melquiot – écrivain de théâtre

 

 

Paris le 23/10/2009

J’ai été une fois invité par le Théâtre du Petit Matin pour une lecture-rencontre avec le public, et j’ai pu apprécié non seulement l’accueil du Théâtre et de toute son équipe mais l’attention intense portée par l’auditoire, qui a posé de nombreuses questions. J’ai senti à quel point un travail long et passionné avait été nécessaire pour obtenir un tel résultat

Je souhaite fortement que le Théâtre du Petit Matin puisse longtemps continuer dans la voie qui est la sienne et dans de bonnes conditions.

Jacques Roubaud

 

 

Marseille le 22/10/2009

Madame, Monsieur,

Rares sont les lieux consacrés à l'écriture qui soient "animés", au sens noble du terme, par de véritables amoureux des textes. Un auteur ne s'y trompe pas quand il a la chance d'être invité dans l'un d'eux. Le Théâtre du Petit Matin est de ceux-là.

Nicole Yanni est éprise de littérature et son travail depuis vingt ans est d'amener d'autres gens à partager cet élan. Avec assiduité et rigueur, elle mène un chemin exemplaire qui a fait découvrir, à Marseille, des auteurs incontournables ou naissants. Les cadres de présentations mis en place permettent une approche professionnelle des textes et à la fois un rapport direct à l'auteur. Cette simplicité, cette exigence, j'ai pu l'éprouver personnellement ne serait ce que l'année dernière où elle proposait un soir de lectures d'extraits de textes que j'ai pu écrire pendant mon parcours. Une forme sensible qui place l'auteur au milieu des acteurs lisant.

Une place étonnamment juste qui rend le dialogue avec les spectateurs facile, évident.

Un dialogue que Nicole Yanni, via le Petit Matin, n'a de cesse de nouer, de garder vivant.

Un dialogue important pour les auteurs, qui ont besoin de chambres d'écho performantes.

Un dialogue qui mérite une attention particulière et votre soutien.

Suzanne Joubert - Auteur

 

Marseille le 23/10/2009

En mars 2008, alors que je venais tout juste de me lancer dans l'interprétation d'un monologue dont je suis l'auteur ("Casa nostra"), Nicole Yanni et toute l'équipe du Théâtre du Petit Matin, m'offrait la chance de jouer dans le cadre du Festival Le Dire des Femmes,

Par ailleurs, avant de jouer au Théâtre du Petit Matin, j'en étais avant tout spectatrice et aujourd'hui encore, car c'est pour moi un lieu de découvertes et de recherches indispensable à Marseille, et de façon plus large au niveau national pour faire entendre les nouvelles voix du théâtre et de la poésie contemporaines. Un de ces lieux où la passion prime encore sur la marchandisation de la culture, où les spectateurs ne sont pas de simples consommateurs de spectacles vivants mais des personnes en quête de véritables nourritures littéraires et en mesure de réagir vivement aux propositions.

L'existence du Théâtre du Petit Matin à Marseille et de sa cie Cela ne finira jamais, qui œuvre depuis 25 ans pour faire connaître des auteurs jusqu'alors peu connus du grand public et mène un travail de fond pour sensibiliser notamment les jeunes et les moins jeunes au théâtre (à travers des ateliers de pratique amateur) est pour moi essentiel et à ne surtout pas remettre en cause mais à défendre encore et toujours, ardemment tout autant d'ailleurs que le travail de la compagnie qui y est attachée et qui porte si bien son nom : Cela ne finira jamais.

Sabine Tamisier, auteur et interprète

 

Marseille le 16/11/2009

J’ai un ancrage dans le théâtre de par ma formation de comédienne, et j’écris : de la poésie, des nouvelles, du théâtre.

J’ai rencontré Nicole Yanni au cours de mes études de théâtre à la faculté des Lettres d’Aix -en -Provence, où j’ai pu assister à une mise en espace déambulatoire de « L’excès l’usine », de Leslie Kaplan, qui m’avait alors beaucoup marquée.

 

Nous nous sommes croisées ensuite plusieurs fois, au théâtre du Petit-Matin.

La curiosité contagieuse de Nicole, qui accorde une importance toute particulière aux écritures d’horizons divers, a ouvert pour moi un espace, et m’a fait découvrir ou entendre autrement: Etty Hillesum, Fabrice Melquiot, Roland Chéneau, Jacques Roubaud...

 

J’ai pu assister à des lectures par les auteurs eux-mêmes, et/ ou par des comédiens professionnels (car le dialogue est une des particularités des propositions faites dans ce lieu, permettant rythme et circulation). J’ai également entendu des textes dits par des comédiens amateurs qui les portaient avec une énergie toute communicative.

Cet éclectisme - de corpus de textes, de pratiques, de modes de transmission- est un pari, qui s’inscrit dans une véritable politique de culture pour tous, qui, à mon sens, doit plus que jamais aujourd’hui continuer.

Un jour, Nicole m’a proposé de lire mes textes dans son théâtre.

A l’époque, peu de lieux sur Marseille ne m’avaient encore invitée.

Je garde un souvenir très doux et agréable de l’accueil qui m’a été fait au théâtre du Petit- Matin, trois soirs de suite, dans des conditions d’écoute d’une belle qualité.

 

Ils sont rares les lieux à Marseille, comme le Théâtre du Petit-Matin qui proposent de faire entendre des auteurs vivants contemporains, en accompagnant leurs lectures d’un échange avec le public.

Rares les lieux qui tissent cette interaction entre le texte et le corps ; entre le texte et la scène.

Rares les lieux qui, sans ostentation, avec la simple envie de faire entendre des écritures et de les partager, donnent ainsi une tribune à des propositions exigeantes, débouchant sur un espace de convivialité.

Aussi je pense qu’il est important de soutenir le théâtre du Petit-Matin, pour permettre à cette singularité d’exister encore, à de jeunes auteurs de faire entendre leur voix, et au public de participer à ces échange trop rares dans le paysage marseillais.

Sarah Kéryna, auteur

 

 

 

 

Angers juin 2010

Chez Nicole, on me demande de m’asseoir sur scène pour mieux me tailler une statue toute debout. Les comédiens et Nicole qui se chargent de cela lisent et questionnent, interprètent et me font en prime un joli costume trois pièces d’auteur. Du cousu voix, du sur mesure, impeccable. Tout cela avec brio et délicatesse et simplicité. J’écris tout ceci au présent tant cela le demeure. Et le public est là, lui aussi, tout avec des oreilles tout d’abord, des yeux ensuite, des questions lui aussi. Veut tout savoir sur comment ça marche l’écriture, comment on devient écrivain et tout et tout. Et moi là, à me gratter un peu le frontibus à la recherche des souvenirs et des mots exacts pour raconter cela. Le plaisir de part et d’autres de s’écouter et de bien s’entendre.

Et tout ceci n’est pas le fruit du hasard, pas le fruit du printemps, il pleut dehors, mais bel et bien le fruit du travail de Nicole et de son équipe. C’est que les cabanons d’auteurs sont inclus dans un long travail, une lente maturation faite de mille et une choses. Et ces cabanons d’auteurs sont à l’égal d’une phrase bien faite, ils n’existent que grâce au travail fournit avant, à l’heure h, la minute m cela parvient tout simplement.

Et le public à l’identique, un public rendu amoureux et curieux et qui vient au Petit Matin pour son bain de mots, son soin de phrases. Un public qui écoute dedans le texte tant il est en confiance et en appétit. Et le public en réalité est invité à une soirée dans la maison de Nicole. Plus qu’un théâtre est ce lieu, mais réellement une maison où il fait bon être et s’asseoir que ce soit pour dire ou écouter, faire un joli pont aérien de lettres qui n’a peur d’aucun nuage d’aucun volcan.

 

Remi Chechetto Auteur et poète

 

 

 

 

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